Etiquetage Nutritionnel, Yuka le teste pour vous !

Appli du Lundi #11 : Yuka

C’est en discutant avec Chloé, auteure du blog Wired World (blog traitant des objets connectés au service d’un quotidien meilleur) que j’ai eu vent de cette nouvelle appli !

Toute neuve et bien pratique, Yuka vous aide à faire vos courses alimentaires.

Cette fois, il s’agit de pouvoir savoir ce que vous achetez pour votre santé.

Pas besoin de compter les calories, de déchiffrer les étiquettes nutritionnelles des aliments, Yuka le fait pour vous !

« Yuka scanne vos produits et analyse leur impact sur la santé »

Principe de l’application Yuka

L’application Yuka est disponible depuis janvier 2017 sur IOS gratuitement. Elle se charge du fastidieux travail d’acheter « sain ».

Le principe est simple encore une fois. Il vous suffit de scanner le code barre des aliments et Yuka vous dit si ceux-ci sont :

"EXCELLENT"

vert foncé

EXCELLENT

"bon"

vert claire

"médiocre"

orange

"mauvais"

rouge

Les plus de l'appli !

L’application permet aussi de proposer un produit meilleur pour votre santé, si celui que vous avez scanné est « mauvais ». Vous pouvez filtrer également les produits selon la grande surface dans laquelle vous vous trouvez.

L'application réalise également un classement des meilleurs produits parmi les catégories apéro, biscuits, céréales, jus de fruits, pains de mie et pizzas, tous distributeurs confondus ou par distributeur, selon vos filtres.

Bref, c’est un véritable facilitateur qui vous permettra de consommer plus consciencieusement, même s’il paraît encore difficile aujourd’hui de réaliser ses courses en étant constamment sur son smartphone…

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Une évaluation basée sur 3 critères

Pour mettre au point l’application, c’est un véritable algorithme que crée Yuka. Celui-ci se fonde sur trois critères :

#1 QUALITÉ NUTRITIONNELLE

60% de l'évaluation repose sur la quantité de fruits et légumes présents dans le produit  et la qualité nutritionnelle. C'est à dire la quantité d'énergie procurée, de graisses saturées, de sucres, de sel, de fibres et de protéines. La méthode de calcul se base sur le système Nutri-score développé par le professeur Serge Hercberg dans le cadre de la Stratégie Nationale de Santé proposée par l'Etat.

#2 PRÉSENCE D'ADDITIFS

Les 30% suivants sont calculés en fonction de la présence d'additifs nocifs, à partir de la classification réalisée par l'UFC Que Choisir.

#3 ORIGINE DES PRODUITS

Enfin, les 10% restants s'intéressent à la dimension biologique des produits. C'est à dire, s'ils bénéficient du label bio français (AB) ou du label bio européen (Eurofeuille).

En fonction de ces trois critères pondérés, l'algorithme donne une note sur 100, rattachée à une appréciation et une couleur : "excellent" pour une note entre 100 et 75, "bon" pour 75 à 50, "médiocre" pour 50 à 25 et mauvais en dessous.

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On a testé pour vous ...!

Bien entendu, à ce stade l’application ne reconnaît pas encore la totalité des produits. Il paraît donc difficile d’évaluer la totalité de vos courses. Cependant, elle vous permet tout de même de vous indiquer la valeur de la plupart de vos produits et de vous aider ainsi à mieux « acheter ».

Un étiquetage nutritionnel qui fait encore débat en France … !

L’application Yuka pourrait tout simplement être au cœur du débat sur l’étiquetage nutritionnel en France, puisqu’elle utilise un des systèmes de « notation » qui a fait parler de lui récemment !

En effet, des études ont été menées afin de proposer un nouvel étiquetage en France pour les produits alimentaires. Le but était de faciliter leur lecture pour le consommateur. Bien entendu, il semble aujourd’hui difficile de classer des rayons entiers avec des « mauvaises notes », et c’est pourtant bien l’objet du débat qui s’est tenu en 2016 sur l’étiquetage.

Allons un peu (beaucoup) plus loin…

Allons un peu (beaucoup) plus loin…

Au-delà du risque pour la santé, les coûts financiers du traitement du cancer colorectal et du diabète sont loin d’être négligeables pour l’Etat. Ainsi, le coût social de l’obésité (27 milliards d’euros) est équivalent à celui du tabac (27,6 milliards d’euros). Un enjeu de santé publique d’autant plus important qu’il touche près d’un Français sur deux. Pour aider les Français et diminué la part de personnes en surpoids, en septembre 2016, le ministère de la santé lance une expérimentation en magasin.

En effet, pour aider le consommateur à choisir des aliments plus sains, celui-ci veut déterminer le système d’information pouvant influencer le plus fortement les achats.

La campagne d’expérimentation a alors eu lieue dans une soixantaine de supermarchés en France. L’enjeu est de rendre plus lisibles des informations souvent incomprises du consommateur et ainsi lutter contre l’obésité.

A ce stade, quatre systèmes étaient mis en compétition.

NUTRISCORE

NUTRI-SCORE

Le système Nutri-score, élaboré par le Pr Serge Hercberg de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), répartit les produits en cinq classes.  Les couleurs vont du vert pour les produits de très bonne qualité nutritionnelle à l’orange foncé (voire rouge…) pour ceux dont il vaut mieux limiter la consommation.

60 Millions de consommateurs avait déjà évalué ce modèle en septembre 2014 sur une centaine de produits et avait conclu à sa pertinence. Le « problème » que pose ce système est de devoir classer les aliments. En effet, sur un rayon chocolat, les produits seront presque tous définis en rouge. Difficile alors pour le consommateur de savoir quelle tablette choisir... il y a forcément quelques nuances ! De plus, l’étiquetage par couleur aurait tendance à stigmatiser et supprimer des informations nutritionnelles importantes. Deux produits ayant la même valeur énergétique ou calorique ne représentent pas nécessaire le même apport en fibres, en protéines etc …

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SENS

SENS

Le Sens (système d’étiquetage nutritionnel simplifié), élaboré par la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), attribue à l’aliment une fréquence de consommation recommandée. On voit ici un code de quatre couleurs qui représentant les fréquences. En vert « très souvent », en bleu « souvent » en orange « régulièrement en petite quantité » et en violet « occasionnellement ou en petite quantité ».

Un système simple que permet de se rendre compte facilement de la quantité à consommer. Le problème qui se pose alors ici est que la majeure partie des aliments ne seront pas à consommer « très souvent », hélas. Alors le consommateur est-il en mesure de savoir ce qu’il doit consommer « très souvent » mais dans quelles proportions ? Et cet étiquetage n’enlèverait-il pas lui aussi des informations nutritionnelles importantes à connaître ?

 sens

NUTRICOLOR

FEUX TRICOLORES

Le système Nutri-couleurs (ou feux tricolores), utilisé outre-Manche, classe les quantités d’énergie et de sucre, sel, matières grasses et acides gras saturés en trois couleurs en fonction de leur teneur : rouge, orange et vert. Celui-ci pourrait être un intermédiaire entre le système des cinq couleurs (vu précédemment) et le système actuel.

Pourtant, ce qu’on lui reproche aujourd’hui est de ne pas faciliter suffisamment la lecture des informations nutritionnelles. En effet, celui-ci ne classant pas les produits ou ne leur donnant pas une note globale, il est fortement remis en doute quant à son efficacité.

 

NUTRIREPERE

NUTRIREPERE

Nutri-repère est un système qui clarifie les repères nutritionnels journaliers (RNJ), déjà très présents sur les emballages alimentaires. En effet, celui-ci affiche la contribution en énergie, matières grasses, acides gras saturés, sucres et sel d’une portion d’aliment.

De même, il conserve la notion de « quantité quotidienne recommandée » pour chacun. Comme pour les feux tricolor, sa lecture est encore perçue comme difficile. Celle-ci ne permettrait pas aux consommateurs de réellement choisir des produits plus sains.

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Vous l’aurez compris, les enjeux ne sont pas les même que l’on se place du côté des professionnels de l’agroalimentaire et des professionnels de la santé. Le débat n’est pas clos et le ministère de la santé devrait rendre publics les résultats de ce test.

L’application de ce nouvel étiquetage ne sera pas obligatoire en France car le règlement Inco ne prévoit qu’une application volontaire.

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